On ne peut vivre en bonne santé sur une planète malade, tiré du livre de David Serban-Schreiber, Notre corps aime la vérité, Chroniques 1999-2011

La planète va très mal, donc nous aussi.  Mon ami Michael Lerner a fondé, à la fin des années 1970, un centre d’accompagnement des personnes qui souffrent d’un cancer.  On y enseigne la nutrition, le yoga, une plus grande conscience de sa propre vie pour apprendre à mieux la soigner.  Mais depuis les années 1990, devant l’afflux de patients de plus en plus jeunes – dont les maladies ne peuvent à priori s’expliquer que  par la dégradation de notre environnement-, Michael s’est retrouvé face à un constat effrayant, on ne peut pas vivre en bonne santé sur une planète malade.  Il y a mille manières de montrer que la santé de la planète et la santé de chacun de nous sont intimement liées.  Mais si nous devions choisir  <<une>> action, celle qui aurait le plus d’impact sur l’équilibre écologique, quelle serait-elle ?  Moins prendre sa voiture.  Manger bio ?  Mieux trier les ordures ? Non, ce serait simplement celle qui a sussi le plus grand impact positif et immédiat pour notre santé :  manger moins de viande !

A méditer : 30% des terres arables sont cultivées pour nourrir le bétail, et c’est une des pricipales causes de la déforestation.  Les engrais et les pesticides utilisés pour ces cultures de mais et de soja sont une des principales sources de dénaturation des sols et de pollution des rivières.  Les gaz à effet de serre émis par le bétail contribuent au réchauffement climatique – Mark Bittman dans un article publié dans le New York Time en 2008, a calculé que si les Américains réduisaient leur consommation de viande de 20%, cela équivaudrait à remplacer toutes les voitures du continent par des voitures hybrides.

Le Fonds mondial de recherche contre le cancer concluait en 2007 que la viande rouge par personne ne devrait pas excéder cinq cents grammes par semaine.  En Europe de l’Ouest, elle est évaluée à deux cent cinquante grammes par jour, et la France est en tête des pays européens.  Un Indien en consomme en moyenne 14 grammes par jour, et, à âge égal, vit en meilleure santé qu’un Occidental (moins de cancer, moins d’Alzheimer, de maladies cardio-vasculaires).  Fascinant de voir comme tout est connecté et que la meilleure chose que nous puissions faire pour la Terre soit aussi une des plus largement démontrée  pour notre santé!

En 1854, le chef Seattle des tribus indiennes du Nort-Ouest remit solennellement son territoire et son peuple à la souveraineté des Etats-Unis.

Le discours qu’il prononçat à cette occasion a servi d’inspiration, un siècle plus tard, au mouvement écologiste, qui l’a réinterprété de manière  particulièrement percutante.  Le testament du chef s’adresse, de façon plus pressante que jamais, aux descendants des colons blancs que nous sommes : <<Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné au nôtres, que la Terre est notre mère.  Tout ce qui arrive à la Terre arrive aux fils de la Terre.  Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-même.  La Terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la Terre.  Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille.  Tout ce qui arrive à la Terre arrive aux fils de la Terre. >>

 

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